La Conduite Accompagnée ou l'Apprentissage Anticipé de la Conduite La conduite accompagnée est également une façon (en principe) de réduire le nombre d'accidents et de tout ce qui en découle.   Nous allons voir en quoi cela consiste, quels sont les avantages et inconvénients de ce système. Pour ma part, lorsque c'est bien fait, c'est tout à fait positif.   Au départ, il y a bien sûr, à la maison, une concertation entre "l'accompagnateur" et la personne qui veut se lancer dans l'apprentissage de la conduite. L'accompagnateur doit avoir son permis de conduire de la catégorie B depuis au moins 5 ans. L'élève doit avoir au minimum 15 ans. Il n'y a pas de maximum, on peut en effet commencer la conduite accompagnée à un âge plus avancé. Bien sûr, c'est relativement peu courant, mais ça marche, la méthode a fait ses preuves. L'accompagnateur doit en premier lieu demander à son assureur s'il accepte ou non de couvrir cette façon d'apprendre à conduire. A ma connaissance, il n'y a aucune compagnie d'assurances qui refuse. L'assureur peut refuser si l'accompagnateur a été condamné pour homicide et blessures involontaires, conduite sous l'emprise d'un état alcoolique, délit de fuite, refus d'obtempérer, et autres infractions ou délits relativement graves, ce qui ne vous concerne pas, j'en suis sûr. Une fois cette formalité effectuée, il faut aller voir une école de conduite. Cette dernière va procéder à une évaluation théorique et pratique de l'élève, et vous proposer un certain nombre d'heures de formation. Le minimum est de 20 h de pratique. C'est vraiment un minimum, n'oubliez pas qu'après, vous roulerez dans votre voiture, qui elle, n'est pas équipée de doubles-commandes. Si l'école vous propose un nombre supérieur, je pense qu'il faut l'écouter ; cela n'est pas pour vous faire débourser plus d'argent, mais dites-vous bien que quelques heures de conduite coûtent moins chères que de la carrosserie froissée. Les moniteurs qui font ce métier ont été formés à cela, et ont souvent une grande expérience derrière eux, même s'ils sont jeunes. L'élève devra, bien entendu, apprendre le code de la route. Cela paraît évident, mais lorsque je dis apprendre le code de la route, ce n'est pas bêtement aller visionner quelques séries de diapositives, mais vraiment apprendre et comprendre le code de la route. Une fois que l'on a appris et compris le code de la route, on peut l'appliquer, et cela devient plus facile pour la pratique. L'examen ne devient donc qu'une formalité.   Pour la pratique, il y a tout un programme à suivre, plusieurs étapes à valider, mais faites confiance à votre moniteur, il vous guidera.   Vers la fin de la formation pratique, l'école va demander à l'accompagnateur de venir dans le véhicule pour vous initier à ce rôle de " moniteur ". Quelques conseils, quelques points à travailler et c'est parti.   Vous vous engagez, au départ, à faire au minimum 3000 kms pour une durée d'apprentissage d'un an minimum.   Ces 3000 kms, c'est sur votre bonne foi. On note sur un carnet les leçons effectuées par l'élève et son accompagnateur, les kilomètres et les circonstances et impressions Si cela n'a pas été fait correctement, cela se remarque de suite et l'examen final n'a que peu de chance d'être réussi.   Pendant cette période, il y a 2 ou 3 rendez-vous pédagogiques ; ce sont des " retrouvailles " avec le moniteur. On fait rouler " le jeune ", on parle de certains sujets comme les assurances, la vitesse, l'alcool, la drogue etc …, et s'installe une discussion entre moniteur, élève et accompagnateur.   A la fin de cette période, l'élève passe son permis de conduire comme tout le monde, et si l'ensemble a été bien fait, l'examen pratique reste là aussi une formalité.   Votre véhicule devra avoir 2 rétroviseurs latéraux. Pour l'intérieur, pour vous rassurer, vous pouvez installer un 2ème rétroviseur.   Les avantages de ce système de formation sont de plusieurs natures :   Avantage financier : la surprime " jeune conducteur " ne sera pas appliquée et en 2 ou 3 ans, le coût de la formation sera amorti. Le principal avantage est pour moi la sécurité. En effet, l'élève, une fois son permis de conduire " en poche ", est déjà un peu habitué à conduire et partira sur la route en ayant une expérience que n'ont pas ceux qui font leur permis de conduire d'une façon traditionnelle. Les parents ont eu le temps de connaître les réactions de leur enfant, le laisse partir plus facilement seul sur la route. Un petit paragraphe maintenant pour les accompagnateurs, qui sont souvent les parents. Cette période d'apprentissage est pour certains, l'occasion de pouvoir faire certaines choses ensemble (sorties, vacances ou autres), de discuter avec son enfant, bref, de se retrouver.   Il faut donc ne pas se montrer trop virulent dans sa façon d'expliquer la route, être très compréhensif. Je sais que cela n'est pas facile quand on a " la frousse ", car de temps en temps vous aurez un peu peur en passant un peu près des voitures en stationnement, en prenant certains virages un peu vite ou en arrivant trop rapidement dans un rond-point. §§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§ On croit souvent qu'apprendre à conduire, c'est savoir se servir du volant et des pédales.   En réalité, c'est savoir regarder. Le conducteur va agir sur les commandes du véhicule en fonction de ce qu'il voit. Plus il voit tôt (l'obstacle, le feu, le piéton, …), plus il aura du temps pour réagir.   Aussi, c'est à vous, accompagnateur, de lui demander s'il a vu au loin ce qu'il se passe, bref, le maître mot :   ANTICIPER   N'oubliez pas que le véhicule roule, donc l'environnement change et qu'il faut à chaque instant adapter sa conduite à cet environnement.   Il serait bon également de revoir les règles du code de la route, et surtout de les appliquer, sachant que lorsque vous roulez, l'élève va regarder comment vous faites, et si vous faites mal ……….    §§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§   PARTAGEONS LA ROUTE Je crois que la première des choses, si on veut "partager" la route (et non la prendre), c'est d'être poli, et de signaler aux autres usagers ce que l'on veut faire. Par quel moyen ?   LE CLIGNOTANT   cette petite habitude que beaucoup de monde a oublié. On grogne toujours lorsque "l'autre" n'a pas mis son clignotant pour sortir du rond-point , pour changer de direction, pour s'arrêter....... mais le mettez-vous tout le temps ?   Pensez-y, cela ne peut pas vous faire du mal, mais cela peut sauver des vies.     Qui n'a pas un jour été derrière une auto-école en se disant qu'elle pourrait démarrer plus vite, qu'elle me gène ?…., j'en passe et des meilleures.   C'est vrai, mais celui qui apprend doit faire doucement, car il ne sait pas faire plus vite.   Nous avons, nous aussi, été élève, et nous avons, nous aussi, roulé doucement. Là également le respect de l'autre est important et ce n'est pas parce que nous avons des milliers de kilomètres derrière nous que nous devons nous montrer si peu tolérant à l'égard de ces jeunes.   §§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§ Je vais laisser ma fille finir cette page, elle qui a maintenant l'âge de la conduite accompagnée. Elle a sûrement des choses à nous dire, à nous " les anciens ".   " Bonjour, je suis la fille ! J'ai commencé l'apprentissage de la conduite peu de temps après mon anniversaire. Tout d'abord le code, ensuite les heures de conduite avec une monitrice. J'ai l'autorisation de rouler avec mes parents depuis début août 2003, et j'ai à peu de choses près 5500 km déjà derrière moi. Ce n'est pas facile, que ce soit au niveau de la conduite, ou au niveau des rapports avec mon accompagnateur. J'ai parfois du mal à accepter les remarques de mon père, mais tout cela s'arrange au fur et à mesure. Bien que je n'ai que peu d'expérience, j'ai tout de même constaté un manque énorme de tolérance de la part des autres conducteurs, des " anciens " comme le dit mon paternel. Avec tout le respect que je vous dois bien sûr ! Que ce soit en agglomération, sur l'autoroute ou en rase campagne, j'ai peur. Les gens ne font pas attention, et il suffit qu'ils aperçoivent le sigle " Conduite Accompagnée " sur le pare-brise de la voiture pour se permettre toutes sortes de manœuvres dangereuses.   Un exemple concret : j'étais au volant de la voiture, nous roulions en ville. Une voiture nous suivait de près et a tenté à plusieurs reprises de nous dépasser, même si elle n'avait pas le droit. A proximité d'une voie de chemin de fer, cette voiture a déboîté, m'a dépassée, a klaxonné. J'oublie de préciser qu'il a tourné à gauche 50 m plus loin… Certains conducteurs s'impatientent, et nous mettent nous-même en danger simplement pour pouvoir aller plus vite. Je me demande parfois si ces personnes ont été jeunes un jour, on pourrait penser qu'elles ont oublié avoir été un ou une jeune conducteur(trice). Alors s'il vous plaît, faites un effort, pensez à nous et au stress qui nous gagne lorsque vous agissez dangereusement. Merci. " Ca y est, j'ai mon permis de conduire, d'ici quelques jours je vous raconterai. Et voilà, après 2 ans, près de 6000 km parcourus avec mon accompagnateur préféré, et pas mal d'efforts des 2 côtés, j'ai eu mon permis ! Au final, il n'y a rien à dire, la conduite accompagnée est quand même ce qu'il y a de mieux pour être presque sûr de décrocher le permis. A partir du moment où la formation est bien faite, et bien continuée par les parents, il n'y a pas de problème. Bon, bien sûr, le facteur stress rentre en ligne de compte, mais même moi qui suis une grande angoissée, j'ai réussi à me calmer, les inspecteurs mettent à l'aise généralement ! Si je dois donner mon avis sur ces 2 années, je dirais qu'il y a eu de bons et de mauvais moments. Effectivement, la première fois que j'ai roulé avec mon père, nous avons eu un accrochage, MAIS JE N'ETAIS PAS RESPONSABLE je précise ;) …une voiture nous a doublée et elle s'est rabattue trop tôt, en nous accrochant. Mais ça m'a beaucoup marquée, disons que j'avais relativement peur de prendre le volant par la suite. Et puis il y a aussi eu les remarques de mon père sur ma conduite… qui étaient évidemment tout à fait justifiées, mais quand on a un sale caractère comme le mien parfois, on a du mal à accepter les critiques ! C'est pour cette raison qu'il y a eu parfois de petites tensions, mais rien de bien méchant. Mais il est clair que si c'était à refaire, je le referais tout de suite. Ca me permet d'avoir plus d'expérience maintenant, et de savoir comment réagir face à telle ou telle situation. Je suis mieux préparée, parce qu'en deux ans j'ai eu le temps de voir ce qui pouvait se présenter à moi et les dangers à éviter, aussi bien venant des autres que de moi. Avec environ 6000 km derrière moi, je pense avoir appris beaucoup et mes parents ne sont pas réticents à me laisser prendre la voiture seule maintenant, car ils savent comment je roule et ils ont confiance. Cela les rassure d'un côté. Par contre, ce n'est pas parce que j'ai parcouru tous ces kilomètres que j'ai déjà tout vu. Bien au contraire ! " On ne sait jamais tout ", comme dirait mon père, et c'est vrai qu'il ne faut jamais croire qu'on sait rouler et qu'on n'aura jamais d'accident. On sait parce qu'on a eu le permis, évidemment, je ne dis pas que je suis un danger public… ;) mais on n'est jamais à l'abri de rien ! Pour finir, toute cette formation a été très bénéfique, merci à Colette, merci à mon père de m'avoir aidée à ne plus avoir peur après l'accident, et merci à ma mère de me faire confiance quand je pars seule ! Conduite supervisée Le principe : une nouvelle offre plus souple que l'AAC Le candidat de 18 ans et plus, inscrit dans une école de conduite, aura la possibilité de compléter sa formation initiale par une phase de conduite accompagnée lui permettant d’acquérir davantage d’expérience, afin de passer ensuite l’épreuve pratique dans des conditions sereines C’est la « conduite supervisée », plus souple que l’apprentissage anticipé de la conduite. Comme pour la conduite accompagnée à partir de 16 ans, le candidat de 18 ans et plus doit au préalable avoir réussi l’épreuve du code et suivi au moins 20 heures de conduite en école de conduite. C’est l’enseignant qui autorise la personne à opter pour cette possibilité en fonction du degré de maîtrise du véhicule, des compétences et des comportements qu’il a observés chez le candidat. A qui s'adresse la conduite supervisée ? Cette formule s’adresse aux candidats de 18 ans et plus, qui souhaitent acquérir une expérience de conduite avant le passage de l’examen du permis de conduireou après un échec à l’épreuve pratique. Déroulement Cette formation se déroule avec un accompagnateur à bord d’un véhicule pendant au moins 3 mois et sur 1 000 kilomètres minimum (contre 1 an et 3 000 kilomètres pour l’apprentissage anticipé de la conduite, ce qui fait l’attrait de cette nouvelle formule). Deux rendez-vous sont prévus : un rendez-vous préalable avant de débuter la conduite avec l’accompagnateur, un rendez-vous pédagogique en cours d’apprentissage. Contrairement à l’AAC, cette formule ne permet pas de réduire la durée de la période probatoire. Les nouveaux titulaires du permis de conduire disposent de 6 points sur leur permis et doivent attendre trois ans sans infraction avant d’en obtenir 12. Les avantages pour le candidat Acquérir un maximum d’expérience et de confiance au volant avant le passage de l'épreuve pratique. Améliorer à moindre coût ses acquis, notamment en attendant de repasser l’examen pour celui qui a échoué à l’épreuve pratique. Plus de 244 000 correspondants, plus de 415 000 pages visitées. Merci à tous.